Découvrez des témoignages d’agriculteurs pour la protection des plants de Pomme de terre

septembre 8, 2016 3:50

Laurent-de-Gavre-13“Même en industrie, les pommes de terre doivent avoir une belle peau”

Laurent de Gavre de la Somme

Ce n’est pas parce que ses pommes de terre sont destinées à l’industrie de la chips, que Laurent de Gavre néglige la présentation des tubercules. L’itinéraire cultural démarre avec un plant de qualité.

Exploitation : Gaec de Gavre
Surface : 165 ha dont 48 ha de pommes de terre (parcelles en échange)
Autres productions : blé, betteraves sucrières, escourgeon, orge de printemps, petits pois et haricots (en deuxième culture), élevage de Blonde d’Aquitaine et Rouge des Près

Sur son exploitation de Rethonvillers, près de Roye dans la Somme, en plein cœur du Santerre, Laurent de Gavre et ses parents exploitent une ferme de 165 ha de limons profonds, consacrés comme la plupart de leurs voisins aux céréales, betteraves sucrières, pommes de terre et légumes industriels pour Bonduelle. Mais ils sont aussi à la tête d’un troupeau de vaches allaitantes Blonde d’Aquitaine et Rouge des Près, ce qui est moins fréquent dans la région. Les pommes de terre qui occupent chaque année, environ 48 ha grâce à des échanges, est de loin la principale production de l’exploitation. Elle est donc bien soignée.

Des pommes de terre 100 % chipable
« Nous produisons sous contrat avec le négociant du Pas-de-Calais, Wecxsteen Industrie Potatoes, des variétés destinées à 100 % à des industriels de la chips d’autres pays européens, explique Laurent de Gavre. Ce n’est pas parce que les pommes de terre sont transformées par l’industrie que la présentation et la qualité de la peau doivent être négligées, au contraire. Comme pour la fabrication de chips, les tubercules sont pelés à la vapeur, ils doivent être aussi irréprochables que s’il s’agissait de pommes de terre de consommation ». Pour l’agriculteur de la Somme, la production de pommes de terre chipable est même plus délicate que pour l’industrie de la frite ou le frais.

Une production très délicate
Gaec de Gavre cultive essentiellement les variétés Lady Claire et Pirol, impérativement sous irrigation et affine chaque point de l’itinéraire cultural. « La gestion du taux de matière sèche et des températures à la récolte et au cours du stockage demande également la plus grande attention, indique-t-il. La teneur en sucre des tubercules doit rester basse, pour que les pommes de terre ne brunissent pas à la cuisson ». Il démarre la récolte à un taux MS de 21 % pour Lady Claire, 22 % pour Pirol et lorsque la température descend à 15°C maximum. Les pommes de terre sont ensuite refroidies de 0,3°C/jour et stockées très longtemps dans un bâtiment vrac ventilé à 9°C puisque les expéditions s’échelonnent jusqu’en juin. Avec un rendement de 50 t/ha en moyenne, l’exploitation dispose d’une capacité de stockage de 2000 tonnes.

Un plant protégé avec Iota P
Le plant, fourni par le négociant doit aussi être de bonne qualité. «Il nous est livré trois semaines avant la plantation en big-bags et mis en chambre froide, précise l’agriculteur. Je fais en sorte que les germes soient au stade point blanc au moment de la plantation ». Il les implante avec une planteuse à 4 rangs à raison de 40 000 à 45 000 pieds/ha selon la variété, avec un intervalle entre rangs de 90 cm. « Pour garantir une bonne qualité de peau aux tubercules à la récolte, j’ai opté depuis longtemps pour le traitement des plants à base Iota P par poudrage, ajoute Laurent de Grave. Il apporte une bonne efficacité contre le rhizoctone brun et la gale argentée. C’est important car ces deux maladies peuvent nous gêner. Il est aussi d’un bon rapport qualité-prix et pratique à distribuer. Je procède au poudrage dans la trémie hydraulique de la planteuse, à raison de 2 kg/tonne. J’en suis très content et ne suis pas près d’en changer ».